dimanche 4 octobre 2009

Le vol d'identité...trop facile

Une récente étude menée aux Etats-Unis et relatée dans cet article (http://www.andrewpatrick.ca/security-and-privacy/id-theft-criminals) montre que décidément le vol d' identité sur Internet n'est pas quelque chose de particulièrement difficile.

Au contraire, le parcours des personnes ayant été convaincues de vol d'identité ne montre pas forcément une formation technique. Plus encore, les vols d'identité ne concernent pas uniquement la sphère virtuelle, c'est à dire informatique, mais également la sphère physique ou réelle.

De nombreux experts répètent à l'envi que les informations personnelles doivent être protégées, qu'elles sont de plus en plus accessibles grâce aux réseaux sociaux etc etc...

Peut-être devrait-on commencer à les écouter.

Google power encore !

Selon Kevin POULSEN de Wired (http://www.wired.com/threatlevel/2009/10/google-pirate-bay/), Google aurait reçu une requête, de la part d'ayant droit américain, l'enjoignant de supprimer une partie de The Pirate Bay de son champ de recherche.

Reprises par de nombreux médias sur le net (Ex. : http://www.zataz.com/news/19555/google-TPB-The-pirate-bay.html), ce retrait repose la question de la puissance du tout premier des moteurs de recherche.

Il est à noter que les français utilisant google.fr n'ont, à ce jour, aucun problème à voir le site dans les résultats de google, que ce soit en tapant "pirate bay" ou encore "tpb" !

La pratique du SEO et les diverses manipulations afférentes se basant sur le fonctionnement de google peuvent en effet avoir des répercussions très négatives pour des individus ou des entreprises.

En tout état de cause, cette démarche outre-atlantique valide, de fait, la puissance et l'importance des moteurs de recherche dans notre société. Sans que cela soit vraiment nouveau, les questions de la légitimité de ce "pouvoir" ou encore les pratiques associées ne sont toujours pas réglées.

Rappelons que lors d'un récent colloque à l'Assemblée Nationale, portant sur la Souveraineté Numérique, la réalisation d'un moteur de recherche franco-français a été évoqué comme un vrai levier de souveraineté. Son corollaire étant bien sur que la dépendance à Google peut devenir un vrai problème !

Où ce blog est-il enregistré déjà ? ;)

vendredi 2 octobre 2009

Cybercriminalité..Quid ?

Revenons un peu sur le concept de cybercriminalité...Mot utilisé à tort et à travers, il finit, comme les termes fourre-tout par présenter un déficit dans la représentation de la réalité...

L'arrestation récente de criminels "classiques" en Israël qui avaient investis dans le domaine des paris en ligne illégaux permet de préciser la notion et son contenu. (Source : LEXSI http://cert.lexsi.com/weblog/index.php/2009/10/01/340-le-crime-organise-investit-dans-les-casinos-en-ligne)

Juridiquement, il n'est pas forcément utile car la loi Godfrain sur les STAD ne l'emploie pas. Les autres éléments du code pénal liés au vol ou autres pas plus à priori.

En termes stratégiques, il ne présente pas forcément un intérêt direct car la classification par usages semble bien plus opérationnelle (Ludique, Cupide, Hacktivisme, Stratégique, Terroriste).

Enfin et surtout, il camoufle une réalité : il existe au moins deux types de cybercriminels. Le premier se concentre sur son activité en ligne tandis que le second, plus classique, se sert des opportunités d'Internet pour son organisation et ses activités.

De plus en plus cependant, ces catégories s'interpénètrent, ce qui légitime l'approche par "usages" !

Reprise....

Ce blog s'étant arrêté pendant plusieurs mois, j'ai le plaisir de le reprendre dés aujourd'hui...L'actualité n'a pas tarie pendant ces quelques mots notamment au niveau doctrinal mais aussi gouvernance !!!

Un nouveau commandement stratégique US, la renaissance de l'ex-Air Force Cyber Command sous la bannière de la 24th Air Force...Et l'attente d'un nouveau cyberczar !

Du côté Gouvernance, la nomination de Rod Beckstrom a fait craindre un moment un arrêt de l'évolution de l'ICANN mais le récent AOC - Affirmation of Commitments - montre l'évolution vers une internationalisation plus importante !

dimanche 15 mars 2009

Article

A noter l'excellent article très détaillé de Jean-Jacques Cécile qui développe l'approche informative préalable à la commission d'un attentat.

On retiendra aussi qu'un manuel retrouvé à Manchester chez un membre d'Al-Quaeda affirme que 80% des informations nécessaires sont disponibles en sources ouvertes sur Internet.

Bonne lecture : http://www.armees.com/Comment-les-terroristes-preparent.html

mercredi 11 mars 2009

Du nouveau sur les "cyberguerres"

Il existe deux cas avérés, au sens médiatique, de cyberguerre : les évènements en Estonie et ceux qui ont accompagné les affrontement avec la Russie en Géorgie.

Bien évidemment, ces évènements de politique internationale ne sont pas les premiers à comporter une phase dans le cyberespace/guerre informatique. On ne saurait les appeler non plus "guerre de l'information" qui est elle, bien plus ancienne.

Elles constituent cependant un cas particulier pour deux raisons :

- pour l'Estonie, les conséquences ont été très importantes et pourtant réalisées uniquement via Internet.

- pour la Géorgie, l'aspect cyber-espace a été identifié très tôt en l'isolant parfois des autres affrontements.

Cela étant, deux articles récemment publiés reviennent sur les responsabilités de ces attaques et apportent de nouvelles informations.

On rappellera que le gouvernement estonien avait très vite réagi à ces attaques en accusant la Russie qui serait intervenu dans le cadre de sa politique internationale agressive, de reconquête suite au déplacement - à la relégation diraient certains - de la statue du soldat russe, initialement placée au centre de la capitale, en banlieue.

Suite à cela, diverses opinions ont été émises mettant en cause la cybercriminalité organisée (cf. www.cidris.fr - mémoire de master 2) ou encore des Hacktivistes (Ibid.) ou même le gouvernement estonien lui-même qui aurait intrigué afin de ramener l'attention otanienne sur son pays et bénéficier d'une présence plus importante (matérialisée aujourd'hui par le centre dévolue aux cyber-attaques).

Cette dernière opinion est assez extrême mais il est vrai que ce pays a fait preuve d'une grande proactivité par la suite et a bien obtenu la création de ce centre.

Plus précisément, ces articles permettent de revenir sur deux points fondamentaux :

- La preuve numérique
- l'enchaînement des responsabilités

La preuve numérique est la capacité à prouver via des éléments informatiques : logs, éléments extraits de disques durs, fichiers divers et variés...des éléments dans une procédure officielle. Malgré son importance à l'heure actuelle considérant la prépondérance de l'outil à tous les niveaux de notre société, on ne saurait pourtant toujours lui accorder un crédit immense.

Ainsi, si les médias qualifient l'IP de "carte d'identité numérique" dans leur présentation de la loi HADOPI, l'UFC-Que Choisir a prouvé devant huissier la facilité à usurper une adresse IP...Et cela n'en est qu'un exemple.

Dans le cadre d'affrontements entre états ou pour utiliser le mécanisme de l'art. 5 de l'OTAN, l'acte de guerre dont l'auteur est identifié est nécessaire. La faculté de certains services des états à intervenir sous fausse identité et de façon non-officielle témoigne en un sens de l'attrait pour un état de dissimuler sa responsabilité.

A cet égard, Internet fournit bien évidemment une pléthore de possibilités de dissimulation et dans le cadre des conflits qui nous occupent, permet de comprendre quels sont les enjeux de la preuve numérique.

Ainsi, le SANS Institute nous renvoie vers une publication de Radio Liberty que je cite ici : Sergei Markov, a State Duma Deputy from the pro-Kremlin Unified Russia party: "About the cyberattack on Estonia... don't worry, that attack was carried out by my assistant. I won't tell you his name, because then he might not be able to get visas."

Il ajoute même : "Turns out it was purely a reaction from civil society," Markov reportedly said, adding ominously, "and, incidentally, such things will happen more and more."

Parallèlement, Wired nous donne la primeur des propos du Georgian National Security Council chief Eka Tkeshelashvili affirmant que des éléments de preuve existe quant l'implication de la Russie, le premier étant la concomittance des attaques avec les affrontements physiques.

Elle avoue cependant ne pas être apte à prouver cela officiellement devant une cour de justice par exemple, au-delà du doute raisonnable. Elle livre pourtant une vision qui est exactement celle que l'on devine dans les propos du député russe et qui a le mérite de concilier les versions avancées préalablement.

On peut sans doute aussi y voir un modèle d'affrontement très intéressant, présage éventuel du futur des cyberguerres et renouveau de la Sainte Trinité de Clausewitz.

At the top of the hierarchy are the "Soldiers": the professional planners, computer scientists, engineers, and other implementers, including the military itself. Next are what some call the "Mercenaries." These are criminal organizations paid to carry out certain elements of the attacks. In this case, there are strong signs implicating an outfit known as the Russian Business Network (RBN). And, finally, there are the "Volunteers." These are individuals with PC’s who are recruited to carry out attacks. They are provided with access to all the necessary software tools, as well as to detailed instructions for carrying out the attacks. In other words, they don’t have to be skilled and “educated” hackers. This is literally a mobilization of the masses."


Source : http://isc.sans.org/diary.html?storyid=5974&rss
http://blog.wired.com/defense/2009/03/georgia-blames.html
http://www.rferl.org/Content/Behind_The_Estonia_Cyberattacks/1505613.html

samedi 7 février 2009

De l'intérêt de la théorie en matière stratégique...

Deux articles de la presse ouverte disponibles ICI et ICI se font l'écho de 2 évènements concernant la cyberguerre et plus généralement ses conséquences.

Cependant, si le premier revient sur les mots du directeur du FBI (le "cybergeddon"), le second relate la tenue d'une conférence, à Londres, portant sur le cyber-warfare, ses éléments de définition et surtout prenant le parti d'explorer le "point de vue" de l'attaquant. Il ne s'agit donc plus de se défendre mais d'être aussi capable d'attaquer et de profiter des opportunités d'un nouveau théâtre d'opérations.

Plusieurs réflexions méritent d'être mise sur le "papier" :

- La première est l'intérêt de la doctrine : sans elle, en effet, on ne peut considérer réellement le cyberespace comme un réel théâtre d'opérations militaires au même titre que l'Air, la Terre ou la mer. La remarquable (au sens de "complexe", "aboutie", "réussie") stratégie médiatique d'Israël n'est pas un acte de guerre dans le cyberespace. Mais les actes parallèles (défaçages, déni de services...) que l'on a pu observer le sont-ils plus ?

Il s'agit donc d'une décision, d'une prise de position que doivent effectuer les stratèges pour donner toute son envergure à cet espace. L'US Air Force dont on connait l'investissemement dans ce domaine pèse évidemment de tout son poids dans ce sens.

Le cybergeddon est de même un positionnement doctrinal fort, sans doute un peu trop : ne lui manquerait-il pas une certaine objectivité ? On en vient à se demander si les intérêts de "pré carré" et autres ne viennent pas intervenir dans ce type de déclarations...

Ne soyons pas naïfs non plus : le CERTA français vient de publier un avis de failles dans un des systèmes SCADA d'Areva de la gestion de l'énergie : prise de contrôle à distance, déni de service sont identifiés comme possibles.

- Une seconde remarque est bien évidemment à faire sur les niveaux d'analyse : la considération d'un nouveau théâtre d'opération introduit dés à présent un positionnement théorique sur l'échelle des niveaux d'analyse. Le tactique et le stratégique étant les deux extrémités de cette chaîne.

Cependant, l'article d'Infoguerre qui contient par ailleurs quelques prescriptions cohérentes bien qu'un peu éculées entretient une confusion qui perturbe la compréhension et amoindrit à la fois le propos et la qualité de l'article.

En effet, l'auteur nous engage à nous hisser à des niveaux supérieurs de réflexions pour considérer les enjeux importants que présentent de tels risques. Au contraire nous dit-il, se focaliser sur des politiques organisationnelles de sécurité informatique et autres interdictions de clés USB ne serait qu'une grossière erreur..

Or pourtant, ce que n'a pas compris cet auteur est que l'un comme l'autre ne sont pas contradictoires. Le "caporal stratégique" du système d'information a tout de même besoin du général et du stratège pour effectuer correctement ses tâches. De même que toute la chaine entre les deux...

Plus encore, l'absence de politique de sécurité correcte ou de formation des utilisateurs...ne peut permettre de créer une infrastructure ou même un système apte à deux actions essentielles : soutenir les forces dans les opérations militaires et protéger ce qui doit l'être ET éventuellement, être capable d'attaquer.

"La preuve !" direz-vous : le ver Conflicker et les déboires de la Marine et des armées. Les causes : un ver (dont la première qualité est la transmission par tous les moyens possibles et notamment les clés USB), et l'omission des mises à jour sur le parc applicatif et matériel, solution de sécurité recommandée par tous les experts. (en bref: le non respect d'une politique de sécurité cohérente).
Les résultats : réseaux isolés, incapacité à chiffrer l'étendue des dégats, paralysie temporaire des Rafale au sol alors même que ces réseaux informatiques sont censées être imperméables...Sic

Tout est dit : les niveaux d'analyse nous permettent de considérer la place et l'importance de chacun de ces éléments. Dénigrer telle ou telle approche est donc une erreur théorique et de là, une erreur stratégique !