jeudi 4 avril 2013

Interdire les équipements chinois ?

Mesure emblématique du rapport Bockel, il semblerait désormais que l'interdiction des équipements télécoms chinois soit en passe d'être adoptée. De manière assez pertinente, certains articles établissent un lien entre la parution prochaine du Livre Blanc sur la Défense et l'adoption d'une pratique volontariste de patriotisme économique.

N'oublions pas toutefois que cette mesure a plus que d'autres suscitée de nombreuses critiques pour des raisons parfois très justes et parfois moins. Elle ferait pourtant son chemin dans les cercles décisionnaires.


Cette mesure suscite chez l'auteur un certain désarroi car elle apparaît comme trop de la "poudre aux yeux". Si, par exemple, il est facile de porter des marinières bien françaises, les démarches globales d'amélioration de la SSI semblent plus complexes. Elles sont évoquées notamment dans la série d'article publié avec l'allié Si Vis Pacem sur l'Alliance Géostratégique.

Car, en effet, si on analyse le problème, les risques que l'on souhaite éviter par cette mesure sont de deux ordres : la crainte des fuites d'informations et celle d'une paralysie des systèmes. La généralisation est volontaire...

Or, l'une comme l'autre proviennent, notamment en matière d'équipements télécoms, des codes, logiciels et programmes implantés dans les machines. Et l'hypothèse est faite que l'usage d'équipements en provenance de constructeurs bien français aurait pour conséquence de réduire ces risques à un niveau acceptable.

Et c'est ici que se manifeste le désarroi : réduire ces risque suppose l'existence de plusieurs processus de contrôle et de qualité. De plus, si des entreprises françaises se fournissent chez ces équipementiers, c'est également pour des raisons de coût. Enfin, ce n'est parce que l'on se fournit chez Cisco que cela est un indicateur de confiance...Rayer Samsung de la liste des firmes autorisées ne garantit rien non plus.

En bref, si la sécurité est un objectif, il faut également conserver les capacités de développement, d'agilité et d'investissement de nos opérateurs. Car sinon, autant supprimer l'activité qui génère le risque car ce sera économiquement non viable.

Récapitulons donc les conditions nécessaires pour atteindre le niveau de sécurité souhaité :

- Disposer d'une offre française (européenne ?) alternative fiable, à coûts acceptables et suffisamment diversifiée pour éviter les effets d'oligopole ou de monopole ;

- pouvoir tracer chacun des composants au sein de ces équipements et s'assurer des lieux de fabrication et de transit ;

- s'assurer de l'intégrité des logiciels, codes et micro codes des composants et équipements réseaux (en considérant le coût et la complexité) ;

- ne pas oublier les "menaces internes" au sein des entreprises françaises qui jamais n'accueillent de stagiaires étrangers, n'ont bien sur pas de filiales à l'étranger et sont des parangons de vertu en matière de sécurité ;

- certains objectifs sont certainement à rajouter...

Un ambitieux programme n'est-ce pas ?

Source :

dans le texte

2 commentaires:

  1. En quelque sorte c'est du protectionnisme. Mais encore faudrait-il avoir des produits équivalents français à un prix raisonnable.

    Ca peut aussi être in moyen de torpiller Free :-x

    RépondreSupprimer
  2. Tout à fait, c'est ce que je dis là :

    "- Disposer d'une offre française (européenne ?) alternative fiable, à coûts acceptables et suffisamment diversifiée pour éviter les effets d'oligopole ou de monopole ;"

    RépondreSupprimer